Que de haine.
Les immeubles surplombent la ville, l'étouffant encore un peu plus. Du haut de ceux-ci, on aperçoit de minuscules points. Des gens. De la foule. Des personnes. Appelez-les comme vous le souhaitez, je ne vois que des points noirs, grouillant de part et d'autre des rues. Ils ne marchent pas, ils courent afin de fuir la personne devenue trop collante derrière eux. Ils ne parlent pas, ils hurlent pour couvrir le bruit des voitures. Ils ne regardent personne, pas même le sans-abri qui ne demande qu'un euro pour s'acheter une bière, oublier la réalité fatale de cette vie... Ceux qui ont un endroit où aller se pressent d'y rentrer pour pouvoir fermer la porte, mettre un disque, brûler de l'encens... Mais un coup d'oeil vers la fenêtre fait s'effacer tout ce semblant de bien : le gris du ciel, le noir du monde... La seule touche de couleur est celle des tags qui recouvrent les trois quarts des murs. La peur règne au sein de tous les quartiers. Les gens sortent armés. Ils rentrent agressés. Les chiens sont frappés dans les caves, de façon à se retourner contre quiconque osera les approcher d'un peu trop près. Rappelez-moi la devise de l'Etat, déjà ? << Liberté, égalité, fraternité >> ? Ho, désolée, j'ai bien failli l'oublier. Il faut dire qu'on ne se rend pas trop compte de l'étendue de notre liberté quand un huissier vient nous arracher tous nos meubles. Ni de l'égalité lorsqu'on voit tous les gens d'origines différentes placés dans des HLM pourris. Et c'est sûr que la fraternité on peut la mesurer aux gens qui font la manche. Merci la France. Après on s'étonne qu'il y ait tant de gens cyber-amis ; rien de plus normal que de vouloir s'entendre parler d'une région où l'herbe a survécu. Les touristes pourtant, c'est si magnifique pour eux, de voir les monuments historiques, les musées... Mais ils ne voient malheureusement pas les gens qui les subissent, eux. Si peu d'amour, tant de méchanceté, à quand notre tour, celui de l'honnêteté ?
Que de haine. Sortez-moi de ma grisaille parisienne.
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